2016

PASSAGE ARONNAX

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Passage Aronnax, installation, sept dessins, La Capitainerie, Port-Louis, 2016.

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Le Professeur Aronnax, scientifique du muséum d’histoire naturelle de Paris dans le roman de Jules Verne Vingt milles lieus sous les mers, décrit ses observations lors d’une randonnée sous-marine :

La flore sous-marine m’y parut être assez complète, plus riche même qu’elle ne l’eût été sous les zones arctiques ou tropicales, où ses produits sont moins nombreux. Mais, pendant quelques minutes, je confondis involontairement les règnes entre eux, prenant des zoophytes pour des hydrophytes, des animaux pour des plantes. Et qui ne s’y fût pas trompé ? La faune et la flore se touchent de si près dans ce monde sous-marin!

J’observais que toutes ces productions de règne végétal ne tenait au sol que part un empattement superficiel. Dépourvues de racines, indifférentes au corps solide, sable, coquillage, test ou galet, qui les supporte, elles ne lui demandent qu’un point d’appui, non la vitalité. Ces plantes ne procèdent que d’elles-mêmes, et le principe de leur existence est dans cette eau qui les soutient, qui les nourrit. La plupart des feuilles, poussaient des lamelles de formes capricieuses, circonscrites dans une gamme restreinte de couleurs, qui ne comprenait que le rose, le carmin, le vert, l’olivâtre, le fauve et le brun. Je revis là, mais non plus desséchées comme les échantillons du Nautilus, des padines-paons, déployées en éventails qui semblaient solliciter la brise, des céramies écarlates, des laminaires allongeant leurs jeunes pousses comestibles, des néréocystées filiformes et flexueuses, qui s’épanouissaient à une hauteur de quinze mètres, des bouquets d’acétabules, dont les tiges grandissent par le sommet, et nombre d’autres plantes pélagiennes, toute dépourvues de fleurs.

« Curieuse anomalie, bizarre élément, a dit un spirituel naturaliste, où le règne animal fleurit, et où le règne végétal ne fleurit pas ! »

Entre ces divers arbrisseaux, grands comme les arbres des zones tempérées, et sous leur ombre humide, se massaient de véritables buissons à fleurs vivantes, des haies de zoophytes, sur lesquels s’épanouissaient des méandrines zébrées de sillons tortueux, des cariophylles jaunâtres à tentacules diaphanes, des touffes gazonnantes de zoanthaires, et – pour compléter l’illusion-, les poissons-mouches volaient de branches en branches, comme un essaim de colibris, tandis que de jeunes lépisacanthes, à la mâchoire hérissée, aux écailles aiguës,des dactyloptères et des monocentres, se levaient sous nos pas, semblables à une troupe de bécassines

 

Jules Vernes, Vingt milles lieus sous les mers, Michel de l’Ormeraie, Poitiers,1975, p.159-160.

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À travers ce projet je propose au visiteur de se plonger dans cet univers aquatique ou la faune et la flore se confondent. Le planton me semble avoir cette particularité. En effet, les espèces qu’il recouvre ont des formes étonnantes et les règnes semblent se mélanger.

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